Québec suicidaire

Version imprimablepublié par Hors-d'Øeuvre le 22 juillet 2012

Ce texte a été diffusé sous forme de tract lors de notre action ciblant la manifestation organisée par la CLASSE aujourd'hui à Montréal.

Nous qui marchons aujourd’hui sommes les pendus de demain. Le noeud coulant de l’électoralisme enserre déjà nos gorges déployées par le rire des insouciants. Déjà les noms que portent nos manifestations ont ­cessé de faire référence à notre lutte pour se fondre à la logique de ceux qui veulent nous voir au bout d’une corde. De « Bloquons la hausse », nous sommes passés à « Dehors les néolibéraux », et l’idée ne vient plus à personne d’y voir un danger de récupération par les autres crosseurs qui convoitent le pouvoir. Tout est en place pour une tranquille sortie de crise électorale. Debout sur la potence, un instant avant le supplice, certains iront même jusqu’à parler de grande victoire, désignant les bourreaux comme nos meilleurs amis et les derniers révoltés comme des traîtres. Qui donc s’interposera entre notre grève et cette machine électorale sur le point de la broyer ? Qui donc viendra gâcher cette grande fête, cet hymne à la résignation et à l’apathie ? Collaborer à leurs élections serait un suicide politique. Ce serait la mise à mort de notre mouvement, de la possibilité qu’il a fait apparaître, celle d’une vie politique dont nous pourrions enfin être les sujets, placés au centre d’une véritable transformation du monde.

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