Sur 'La tentation insurrectionniste'

Version imprimablepublié par Hors-d'Øeuvre le 22 décembre 2012

Nous vous proposons ici la lecture du livre 'La tentation insurrectionniste', un ouvrage abordant une réalité qui, longtemps demeurée obscure, demande aujourd'hui à être éclaircie. Nous ne sommes étrangers ni au Black Bloc ni à l'activisme, et encore moins au milieu social dans lequel ceux-ci s'enracinent. Ainsi nous les savons entrés dans une nouvelle phase de leur histoire, celle où ce qui était l’apanage de certains groupes et de certaines démonstrations tend à se diffuser et à imposer sa présence jusque dans des espaces aussi peu enclins à la tolérer que l’est une manifestation étudiante des plus mainstream. La grève du printemps dernier, bien plus que celles l’ayant précédée, nous a remis en face de cette forme de contestation circonscrite à la rue et à l’immédiateté de l’action, une tendance qui, dans son déchaînement actuel, liquide les processus autrefois rassembleurs de l'organisation et de la réflexion politiques. Ces protagonistes se reconnaissent comme des anonymes au sein d'une lutte se résumant au bitume et au pavé.

Il n'est pas question ici de dénoncer la rue elle-même, davantage que sa centralité acquise aux dépens des sphères d’intervention qui lui sont complémentaires, voire plus importantes. Il faut bien admettre que ceux et celles qui s'abandonnent au réflexe de la révolte facile, toute faite, présentée sur un plateau d'argent, sont les mêmes qui insistent sur le caractère fondamentalement aliéné des assemblées générales et sur la mise en application immédiate de «réseaux» au détriment d'une communauté n'existant curieusement pas à leurs yeux. Pour nous, cela est caractéristique d'une position dominante parmi le corpus large de la pensée critique contemporaine, celle identifiée comme postmoderne. Si nous vous faisons parvenir ce livre, c’est pour décortiquer ce qui, bien que s’annonçant comme dépourvu de fondements théoriques identifiables, s'enracine néanmoins dans les idées au goût du jour. 

Nous n'avons jamais renié la violence issue de l'expression d'une négativité extrême, tout au plus avons-nous, par le biais de notre organisation, essayé d'en comprendre la complexité et les contradictions, quitte à nous porter nous-mêmes violence en acceptant l’insatisfaction liée au double abandon du sentiment d'urgence et de l'immédiateté dans l'action. Nous estimons également que la poursuite d'une lutte basée sur une orthodoxie insurrectionnelle n'aura comme vocation à terme que la destruction totale du potentiel de réalisation des individus du fait des moyens répressifs dont disposent l'État et ses institutions. Aucune politique n'est mieux menée en prison qu'en dehors.


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