Nous sommes tout, faisons rien: Règlement de comptes #2

Version imprimablepublié par HØ-archives le 18 février 2008

Ce texte a été diffusé dans le cadre d'un débat convoqué au sujet du groupe-revue De l'ostie de marde, où ses participants brillèrent par leur absence. Cliquez ici pour le tract en format PDF.

Comment parler de cette réalité? Fin des classes sociales à
proprement parler évidemment, mais aussi fin des référents
communs, fin du langage rassembleur aussi.


De l’ostie de marde, volume III

Hors-d’Øeuvre est un sniper politique. Depuis 2005, nous sommes engagés dans une guerre des idées. Hors-d’Øeuvre cible, effectue quelques calculs et tire. La poursuite de notre objectif, à savoir le putsch culturel, nous ramène encore une fois à l’Université. La raison y est malmenée. Considérant l’intérêt et le risque que la revue De l’ostie de marde provoquent, nous avons annoncé un débat circonscrit dans le temps et au sujet prédéterminé.

Comme d’habitude, lors de la période qui précède nos événements, nos ennemis politiques nous accusent mollement des pires maux : purge et flicage. Les preuves se font toujours attendre. Beaucoup d’insultes, une seule critique – résolue(1).

Nous tenons à vous rappeler les bases de la pratique du débat. La séance nécessite un sujet, une question précise. Aucun intérêt à le faire entre amis. Dans le cas, par exemple, de l’exercice initié par l’individu Blouin, appelé le «débat libre permanent», il s’agit en fait d’une simple discussion amicale de nature thérapeutique. Nul doute que les organisateurs d’un véritable débat ont le devoir de présenter leur objectif sur la place publique. Le débat est une lutte théorique où s’affrontent plusieurs tendances.

HØ est d’avis que les membres de De l’ostie de marde sont inconscients de leur propre signification sociale. Ce sont de parfaits étudiants en sciences sociales, des idéalistes, petits-bourgeois, complètement déconnectés de la réalité. Leur prétention intellectuelle rejoint l’ignorance ambiante: ils ne comprennent pas les théories qu’ils consomment et vomissent automatiquement. Nous observons que les contradictions de la jeunesse de notre époque s’expriment librement en eux.

Notre condition de prolétaires nous a empêché, faute de temps, d’analyser en détail les textes de De l’ostie de marde. D’ailleurs, notre tentative préliminaire de comprendre le phénomène en face de nous, en étudiant les textes un à un, s’est soldé par un échec lamentable. Nous avons d’abord éprouvé des épisodes dépressifs et cela nous a contraint à réviser notre méthode. Nous avons saisi par la suite que l’analyse du spécifique dans le cas des postmodernes rend impossible la compréhension de l’ensemble.

Cette petite enquête n’a pas été vaine parce que nous sommes tombés sur une vidéo captée lors du «débat libre permanent » où s’expriment les principaux responsables de la revue. Dans la situation actuelle, vous conviendrez comme nous que leur espace ne peut être ni libre, ni permanent. Cette vidéo est révélatrice de la pensée incohérente de nos adversaires, comme en témoigne cet extrait:

«Tous les espaces vont créer en fait ses propres normes, ses propres rapports de force, ses propres exclusions. Moi je le vis vraiment intensément en ce moment comme dans la grève, parce qu’il y a une nécessité, parce qu’il y a une urgence, parce que etcetera, on va recréer exactement la même violence finalement. Les mêmes formes, les mêmes structures de violence, de pouvoir, d’autorité que nous vivons dans l’institution, que nous vivons face à la police.»

Cette citation représente l’essentiel du problème de la pensée postgauchiste. Voilà une théorie fausse, absolument impraticable, qui est le résultat de la réification accomplie des idées subversives soixante-huitardes aujourd’hui inoffensives. De l’ostie de marde est une manifestation un peu plus sophistiquée de l’aliénation moderne dans les milieux politiques. Notre époque malade a trouvé son nouveau nihilisme. Ils prétendent contester l’ordre établi, alors qu’ils dénient toutes luttes sociales, passées ou actuelles. De l’ostie de marde est un anesthésiant politique.

Chaque fois qu’une lutte a lieu, ils profitent de l’occasion pour ne rien faire. Leurs perspectives stratégiques se résument à la relaxation, tranquillos, dans leurs classes vides, au détour des grèves corporatistes.

Le travail des révolutionnaires conséquents est de rechercher le langage opératoire du changement. Il n’y pas de honte à définir nos objectifs et à employer les moyens modernes à notre disposition pour les atteindre. Eux se complaisent dans une poésie juvénile exprimant sans cesse leur Moi infiniment vide. Qui voudrait s’associer avec des débiles qui écrivent en majuscules vouloir devenir schizophrènes?

Le choix du nom de votre groupe-revue a été l’unique moment de lucidité. Sans ironie, c’est de l’ostie de marde! Votre vocabulaire trahit vos névroses respectives en se bornant aux limites de la conscience, entre le tout et le rien. Le reste est balayé, les catégories effacées. Votre littérature est un flux incessant de bêtises.

HØ connaît bien l’archétype en face. Vous êtes le genre de groupe prétendument informel qui renie leur dynamique de pouvoir interne et leurs comportements grégaires. Votre réaction émotive face à notre travail démontre votre pauvreté intellectuelle. Vous êtes de mauvais universitaires. Incapables, vous allez tout échouer: votre carrière, la révolution, en somme toute votre vie… Mais pour vous, tout échouer, c’est en fait tout réussir.

Vous êtes si fragiles face à l’arme de la critique, comment allez-vous réagir le temps venue la critique des armes? Mangez d’la marde!

 


(1) Il s'agit de la critique de «Francis Dupuis-Déri». Pour les insultes, voir notre forum.
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