Louis-Thomas Leguerrier

Sérieusement

publié par Louis-Thomas Leguerrier le 22 janvier 2013

Notre rapport au sérieux porte la marque du monde renversé. Alors que le ridicule, l'ironie et la complicité avec la niaiserie ambiante sont partout reçus avec le plus grand sérieux, la parole qui prend elle-même les choses au sérieux, pour laquelle les idées sont plus que les ornements d'une posture, apparaît comme ridicule. Quoi de plus banal, aujourd'hui, que d'affirmer ne pas se prendre au sérieux. Qui veut être entendu doit savoir se distancier de son propos, pour éviter d'avoir l'air de lui donner trop d'importance.

Du même auteur


Cracher la ciguë

publié par Louis-Thomas Leguerrier le 29 août 2012

Aujourd'hui c'est la rentrée et le triomphe des trahisons. Je reviens sur les bancs d'école après six mois de grève. Ce n'est pas que nous ayons décidé d'abandonner la lutte, expliquent à qui veut bien entendre les beaux parleurs de mon association étudiante, nous avons simplement cru bon, vu les circonstances, de nous tourner vers d'autres moyens d'action. Après tout, ne sommes-nous pas en élections? N'avons-nous pas suffisamment abusé de la flexibilité du calendrier scolaire?

Du même auteur


Des morts qui croient voter

publié par Louis-Thomas Leguerrier le 29 Mai 2012

La grève étudiante en cours, nous dit-on, aurait récemment débouché sur une lutte politique la dépassant autant au niveau de la forme que des revendications. L'adoption de la loi 78 par l’Assemblée nationale aurait précipité le Québec dans une crise opposant le peuple de notre bien-aimée patrie au monstre indigne qu'est devenu le Parti libéral de Jean Charest. La conclusion à tirer de ce constat déjà banal se trouve sur toutes les lèvres, on trépigne d’excitation juste à l'idée de la prononcer : la lutte étudiante est devenue une lutte électorale.

Du même auteur


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