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MessagePosté: Ven 27 Oct 2006, 1:36 pm 
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Inscription: Dim 21 Mai 2006, 2:24 am
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La guerre révolutionnaire est à peine commencée 1ère partie
Récit personnel et politique

par Calvaire01 (2006)


Le prolétaire que je suis comme travailleur depuis le début de mon adolescence (j’avais 11 ans quand j’ai commencé) en avait assez de sa condition et tranquillement il a décroché du travail. Le travail, c’est l’exploitation de son temps, de son corps, de son activité, de sa vie… Je suis devenu fou d’avoir trop subi l’exploitation et je suis devenu complètement enragé par désespoir (une ''tête brûlée'' comme le dirait Badacid). Avant de croiser le mouvement révolutionnaire et d’essayer d’en hériter et de le mettre à jour à partir de nos conditions historiques, ma révolte se vivait à un niveau personnel d’impuissance. L’individualisme ne mène nulle part sauf à son propre anéantissement dans un délire perpétuel. S’en sortir seul, c’est proprement impossible. Essayer de s’en sortir dans un petit univers restreint, c’est s’isoler et cela mène au même résultat. L’alcoolisme, la drogue, le sexe quand c’est possible…, toutes les drogues dures ou douces du monde existant nous plongent aussi dans l’anéantissement lent ou rapide même si elles semblent nous offrir la possibilité de s’en sortir, mais c’est illusoire.

L’école, ça peut t’aider ?

L’école, c’est normalement ce qui mène au travail. Aller à l’école est un passage vers autre chose : la même misère du monde et d’une vie d’exploitation. C’est fait pour cela. C’est pourquoi je suis convaincu qu’il n’y a rien à réformer, mais plutôt tout à détruire. Il y a des apprentissages nécessaires, c’est certain. Mais qu’on les fasse sur nos propres bases, dans nos propres vies et pour nos propres finalités.

Il reste toujours la famille ?

La famille, c’est l’apprentissage du monde autoritaire. On est dominé par nos parents même quand ça a l’air agréable (sans compter la multiplicité des abus qu'on y vit). Ils/elles te forment à leur image qui la plupart du temps est celle d’un monde d’exploitation. La famille, c’est ce qui mène à l’école, l’école au travail… Il n’y a rien de pleinement émancipateur. Tout y est à détruire aussi.

Et bien, il y a toujours le couple ?

Le couple prend sa forme dans le même monde. Quand ça marche, ça peut être rassurant, douillet, mielleux… mais ça nous enferme l’un et l’autre, la plupart du temps il y a le dominant ou la dominante (LE la plupart du temps) et le/la dominéE (avec un E la plupart du temps), on vit nos névroses du monde en se rassurant mutuellement, mais ça finit souvent par être pénible. Le monde pourri ne cesse d’exister et il gangrène tout ce qu’on vit. Il n’y a pas grand chose à y attendre non plus. Mais bon, c’est peut-être ce qu’il y a de moins pire quand ça va bien. Mais, c’est assez rare.

Bref, le monde existant, c’est l’enfer. « Nous irons au paradis car l’enfer est ici », comme le dit la Brigada Florès Magon dans une de leurs chansons.

Se tirer une balle ou combattre, tout détruire et pouvoir un jour recommencer la vie sur des bases complètement nouvelles ?

Là est toute la question, comme dirait un vieil auteur anglais d’un autre siècle.

Je suis personnellement pas convaincu de la meilleure réponse. Je cherche encore tout en continuant à lutter et à penser les formes les plus adéquates pour le mouvement révolutionnaire. Mais rien n’est certain.

La suite prochainement…


Source: correspondance avec l'auteur

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MessagePosté: Lun 25 Oct 2010, 7:40 pm 
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Inscription: Sam 28 Avr 2007, 1:36 pm
Messages: 7
Localisation: Qvébec city
C'est donc b'en déprimant ton affaire! Ton nihilisme sent le manque d'imagination. Tu as tort de jeter le blâme sur des choses qui ne t'appartiennent pas, qui ne sont pas toi. «S'en sortir seul, c'est proprement impossible.» Se sortir de quoi exactement? Tu cherches l'issue d'un monde sans dehors. Tu ne peux t'extirper de ton individualisme badtrippant que seul. Sortir ce monde pervers de nos vies, c'est salement possible. «L'alcoolisme, la drogue, le sexe quand c'est possible...» Tous ces petits plaisirs dont j'abuse benque trop souvent sont toujours des possibilités d'évasion hors de l'Empire. Et ce n'est pas dans le néant que me plongent «toutes les drogues dures ou douces du monde existant» (coudonc, t'en a essayé combien de sortes?), mais plutôt dans la lumière chaude et réconfortante de la face cachée de ce monde pourri.

Il faut nous réapproprier ce qui nous servira de couverture dans l'insurrection qui vient. Détruire l'école? Je ne crois pas que cela représente une stratégie viable à court ou moyen terme. Les possibilités d'élaboration de jeux avec les formes-de-vie qui animent ces nids d'espions me semblent beaucoup trop importantes pour tout simplement jeter tout ce foutoir dans la bin à vidanges de l'Histoire, et avec lui TES sales finalités que tu auras au préalable roulées bien serrées quetion de te les enfoncer où je pense, Calvaire01.

Si tu as un problème avec l'autoritarisme de ta propre famille, il t'appatient. Ta vie a l'air d'un gros cercle vicieux et graisseux. Pour ma part, je n'ai pas du tout envie de détruire ma famille. C'est dans ce terrain de jeu que je trouve la force de lutter pour que la figure familiale soit dégagée de ses traits autoritaristes et que ses membres soient placés sur le même pied d'égalité. Car cela est possible.

Le couple maintenant. Si ce n'est pas selon ce mode d'union que tu souhaites vivre, je m'en torche. Si j'en viens à former un couple avec mon amant, je vais me battre bec et griffes pour que ce qui, selon toi, arrive «la plupart du temps» (d'ailleurs, qu'est-ce que tu en sais?), donc la relation dominant/dominé, crève dans l'oeuf. Si pour toi le couple est «ce qu'il y a de moins pire», c'est que ce n'est tout simplement pas fait pour toi. Si tu n'arrives pas à être suffisamment opaque pour ne plus te laisser pénétrer par la gangrène du monde pourri dans lequel tu vis, c'est que ta transparence est devenue une pathologie que tu dois soigner. Tu es malade: ton mal se nomme l'individualisme de l'anarcho-nihiliste. Et encore une fois, tu exaltes avec candeur ton Moi burlesque comme un martyr en manque de publicité. C'est pénible.

Comme dirait une vieille raclure de l'arrière-pays ayant vécu il y a plusieurs siècles: «On s'en câlisse!» T'es allé cherché ta pseudo-référence dans une brochure sur la croissance personnelle ou quoi? Et t'es pas convaincu de la meilleure réponse... ben dis donc! Pendant que tu penses aux «formes les plus adéquates pour le mouvement révolutionnaire», moé j'vas acquérir la forme-de-vie la plusse mieux pour faire l'expérience de la communauté avec celles et ceux qui m'entourent. Ça c'est certain.

Et laisse faire pour la suite, c'est pas nécessaire.

Anita

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