16.11.2008 - Exercice de transparence : discussion pratique sur la liste de courriels de HØ
Récit préalable des événements
Jeudi le 18 juillet 2008, un membre d'Antifa s'est fait sauvagement agresser par une dizaine de boneheads dans le quartier Hochelaga. C'est au moment où le groupe antiraciste s'en prenait pour la énième fois à la propriété d'un néonazi notoire que ses membres présents ont été victimes d'une embuscade. Impuissants devant la scène, les camarades du martyr – alors en charge de sa protection – ont sauvé leur peau de justesse en prenant la poudre d'escampette.
Dès le lendemain, Spam sonne l'alarme. Il téléphone aux camarades avoisinants pour organiser la riposte. Une réunion secrète est convoquée le soir même, car il faut « venger notre camarade maintenant ou jamais! » Selon le membre le plus influent du groupe, les représailles et les menaces envers les skins racistes du quartier doivent être intensifiées.
La réunion convoquée à la hâte est un échec : peu de gens, peu de combativité, peu de recul. Il s'agit d'une démonstration prévisible de la crainte typique des militant-e-s lorsque les organisateurs exigent tout des autres sans construire au préalable un climat de confiance. Ce phénomène est aggravé par l'emportement des têtes fortes – pas si fortes. Mais surtout, c'est la preuve qu'Antifa n'a pas la puissance prétendue; après un été de vantardise, la débâcle totale.
Spam et son acolyte habituel n'acceptent pas l'échec et doivent passer quelques appels de nature thérapeutique. Lors de sa conversation avec un élément de HØ, Spam ne lui laisse pas une seconde pour s'exprimer. Pas une seconde, littéralement! Il essaie de faire porter le poids de leur inaction sur quelques mâles présélectionnés.
Encore frustrés, Spam et son second passent chez Dimitri qui organise, ce soir-là, un party privé. Pour eux, les fêtards ont saboté leur action en parlant en mal de leur initiative. S'il est vrai que certaines discussions ont eu lieu, cela ne constituait pas du sabotage, mais davantage un exercice de réflexion critique concernant la lutte antifasciste telle que promue par Antifa.
En d'autres termes, nos antifafs préférés viennent se défouler plutôt que de s'en prendre à leur fameuse « cible immobile sans danger » et provoquent ainsi le mépris des camarades présents. Dès son arrivée, Spam déclare à un élément de HØ qu'il a hâte qu'un nazi lui casse la gueule. Il le traite aussi de petit-bourgeois de HoMa. L'élément en question renie Spam définitivement. Dimitri exige son départ immédiat. La colère de Spam augmente alors qu'il menace l'intégrité physique de Dimitri en le poussant et l'insultant. Face à cette agression, Dimitri lui répond que sa « place est dans l'armée! » Spam s'emballe une fois de plus en lui criant deux fois : « Retourne en Russie! » Les trouble-fêtes sont finalement chassés de l'appartement sans violence.
Ensuite, des personnes présentes, sous l'effet de l'alcool, ont écrit un texte polémique. Dans les jours qui ont suivi, des éléments de HØ l'ont légèrement modifié en vue d'une publication qui n'est jamais venue. Pendant ce temps, Spam a lancé une campagne de salissage contre Dimitri et ses invité-e-s, notamment sur la liste interne de la NEFAC où il leur a reproché un goût prononcé pour les jeux charnels, pour finalement s'en excuser sous prétexte qu'il s'agissait d'événements privés. Les mensonges de Spam concernant le déroulement des événements, confirmés et approfondis par son comparse, ont trouvé écho chez certains membres de la NEFAC. Ceux-ci, à défaut de rechercher la vérité, ont préféré laisser libre cours à leur rancoeur envers Hors-d'Øeuvre.
Ce n'était pas la première fois que des éléments de HØ refusaient de collaborer à une action d'Antifa. Quelques mois plus tôt, la gang était venue à la Canopée faire la promotion d'un scénario catastrophe exécutable, lui aussi, le soir même. Leur prestation ce jour-là a démontré des lacunes importantes au sein de leur organisation, et plus particulièrement la mauvaise dynamique de pouvoir interne qui la caractérise. Dans ces circonstances, les gestes escomptés étaient tellement dangereux que cela ne pouvait aboutir qu'à des excès de confiance et à des erreurs stratégiques lourdes de conséquences.
Encore aujourd'hui, le pseudo-scandale créé par Spam après l'échec de la tentative précoce de riposte le 19 juillet est davantage connu que les composantes réelles qui ont mené à la débandade de la veille. Voici, dans les lignes qui suivent, une récente discussion à ce propos sur notre liste de courriels interne.
from: Cellule I
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from: Cellule II
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from: Cellule III
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from: Cellule IV
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from: Cellule I
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from: Cellule V
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ANNEXE
Le but du texte est de critiquer Spam. Nous voulons faire connaître notre totale répulsion du personnage. Spam n'est pas un anarchiste : sa politique lutte de classiste est paradoxalement lifestyle. Vigilance camarades! Notre texte interpelle ensuite Antifa. Nous manifestons notre désir de voir leur organisation progresser politiquement.
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Spam, gros connard, pauvre ado, ta place est dans l'armée. L'autre soir, tu nous l'as bien prouvé avec ton attitude de mâle alpha. Ton impulsivité et ta hargne ont insulté tout le monde. Avant même d'avoir eu une discussion honnête, tu nous as agressés. Ton hystérie immature l'a emporté sur notre amitié. Tu confondais solidarité et aliénation. Parmi les sergents, les caporaux et les généraux de notre enfer, toi, tu n'es que du vomi.
Spam, il est temps que tu réfléchisses à ta manière d'agir dans les groupes d'action directe. Ton comportement est dangereux. Ta façon de leader Antifa met en danger ses membres, ses sympathisants et les minorités en général. Tu déranges, tu parles fort, tu manques de jugement, tu menaces, tu capotes. Spam, sérieux, tu as un problème psychologique grave.
Nous demandons aux membres d'Antifa de prendre position concernant le pouvoir de Spam au sein du groupe. Nous jugeons son influence malsaine. Il est impossible de mener une politique viable avec un protochef.
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Il y a mille raisons pour lesquelles nous n'avons pas voulu participer à votre action de débiles. Avant d'aller casser des gueules, on fait d'abord les bilans qui s'imposent. Ensuite, on parle stratégie. Réagir à chaud, c'est réagir en moron. Qui est responsable de l'agression de notre camarade? Est-ce un incident ou une bavure?
Votre réaction prématurée démontre toute votre faiblesse politique. Comment est-ce possible de solliciter notre solidarité dans ces conditions rocambolesques? Organiser une action directe demande beaucoup de temps et de réflexion. Cela nécessite une affinité solide et entretenue par beaucoup plus que des communications ponctuelles sonnant l'état d'urgence. Nous ne sommes pas des skins.
D'ailleurs, il est curieux que vous soyez en situation de crise au premier coup dur et que vous vouliez dès lors faire reposer la responsabilité de votre inaction et de vos problèmes organisationnels sur nous. Un processus de transfert de ce genre illustre à merveille votre sentiment de culpabilité dans l'affaire qui nous concerne. Un groupe d'antifascistes doit être autosuffisant s'il veut attaquer promptement ses ennemis. Nous ne sommes pas responsables de vos erreurs et personne ne va se porter garant de vos actions spontanées.
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Il est grand temps de développer une politique multiculturelle d'envergure plutôt que d'aggraver la spirale de l'intimidation. Antifa peut faire cela. Sinon, il n'y a aucun avenir pour Antifa, sauf peut-être les batailles de rue sanglantes.
Le filon des shows hip hop est de bon augure. Nous pensons que la préparation de gros événements en vue de réunir les antiracistes et les groupes auxiliaires qui partagent notre vision peut véritablement faire progresser le mouvement. Faire la promotion de notre idéal libertaire constitue la base du travail à faire. Il faut donc des espaces et des gens nouveaux. Nous sommes prêts et prêtes à défendre violemment l'intégrité de nos rencontres en annonçant notre intention de répliquer en double si des attaques surviennent, mais lions toute notre violence à une politique culturelle qui permette d'accroître notre puissance.
La guerre n'est pas un jeu d'enfants.