Deus Nobiscum Quis Contra

Version imprimablepublié par HØ-archives le 2 février 2009

Serait-il possible de réconcilier le maire Yves Lévesque et Louise Hubert? Tout indique que non et pourtant, ces deux-là ont un point en commun: ils font partie de cette pincée d'individus qui assistent fidèlement aux séances du conseil municipal de Trois-Rivières. L'un y a le siège le plus en vue, l'autre occupe un des fauteuils inconfortables réservés à la plèbe. Lui sourit et celle-là se lève. Elle attend bien sagement de voir l'autre parler. Le maire a l'influence requise pour voir s'exécuter ses caprices et la citoyenne se fait houspiller.

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Sont-ils assujettis aux mêmes lois? Du moins, celles auxquelles répondent les groupes. Le « premier citoyen » les utilise à convenance, la seconde subit. Quand il arrive que des individus, généralement isolés dans leur quotidien, se rassemblent spontanément dans le but de défendre des intérêts, la dynamique de ces groupes les révèle déplorablement manipulables par ceux-là qui leur permettent d'exister pour leur en retirer cette permission le lendemain. Ils apparaissent alors pour ce qu'ils sont réellement, dans leur caractère momentané et incohérent: des objets que l'on déplace selon les circonstances, à qui l'on n’accorde de la considération que dans la mesure où l'objectif est de les voir se dissoudre aussitôt satisfaits par des détails sans importance.

Où peut possiblement mener ce débat? Nulle part. Une prière n'a jamais fait de « nos élus de bons gestionnaires » et de croire que s'en abstenir y changerait quoi que ce soit relève d'un mysticisme plus grave encore. Ceux et celles qui en ont tiré la seule conclusion appropriée sont les véritables gagnants : le maire Lévesque est soit un manipulateur malveillant, soit un arrogant félon. Ou bien il a consciemment cherché à maintenir la prière en faisant appel aux chrétiens (déjà malléables et abrutis à souhait) ou alors il se moque complètement de la population en lui refilant un pouvoir fictif, dans un système régi par la loi sur les villes et cités qui ne leur en accorde aucun.

Comment pourrait-il en être autrement? Changeons la position de la citoyenne, faisons-la mairesse; la prière aurait été vite retirée et aucun remue-ménages n'aurait eu lieu, sauf peut-être provenant des quelques éléments les plus arriérés de la population. Le maire a sa place aux séances du conseil municipal et se rit de tous ceux et celles qui n'ont pas cette « chance ». Dans des conditions si dures, les citoyens n'ont d'autre recours que de faire les bouffons tout au long des séances parce que c'est le rôle qui leur est imparti: acquiescer passivement aux décisions des autres ou les remettre en question (s'il y a irrégularité, avec ou sans l'approbation du conseil, ils doivent faire appel à une instance supérieure).

À quoi sert alors le conseil municipal? À quoi en servirait d'en faire la critique? D'abord parce qu'on y retrouve, gesticulant et criant plaintivement d'indignation, certains individus dans ce même état où, plus tôt, ils se trouvaient sortant du ventre de leur mère; totalement impuissants. Les seules options s'offrant à eux parlent pour elles-mêmes: voter et prier ou s'organiser sur une base de revendications qui ne peut aboutir qu'avec un pouvoir beaucoup plus concret que celui incombant au conseil, c'est-à-dire de vendre des contrats aux « copains ». Tout le monde sait bien que les ordures qui gravitent autour des affaires municipales puent la corruption. Il en a toujours été ainsi et l'obstination de quelques bègues à genoux depuis 1926 n'y aura rien changé (sauf pour les courbatures). Le maire est exaucé, la prière est maintenue ; ne reste à ses pauvres brebis qu'à aller sacrifier leur premier-né pour assurer leur salut. Ces surmenés du pardon, parce qu'ils n'en sont plus à leur premier péché, nous étonnent encore par cette manière de jouer les innocents quand on les connaît plus intrépides à distribuer des baffes qu'a en recevoir.

De notre côté, nous profitons de cette merveilleuse occasion pour publiciser le meilleur blogue sur Trois-Rivières et pour tourner en ridicule tous ces imbéciles heureux qui gaspillent leur unique vie pour en faire profiter un mystère de pacotille et un maire dont la richesse est bien réelle.

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