Villa nueva

Version imprimablepublié par HØ-archives le 2 octobre 2008

Tract distribué dans Montréal-Nord, St-Michel et d'autres quartiers pauvres de Montréal au sujet de l'affaire Villanueva. Cliquez ici pour le tract en format PDF.

On s'y attendait. Chaque fois qu'on chill au parc, la police fait chier. Dans leur tête, tous les jeunes du coin sont des dealers ou des junkies. Mais là, y sont allés trop loin: trois balles dans un kid. Légitime défense? Bullshit, c'est un fucking meurtre! Tu sais comme moi ce qu'on vit ici: des jobs de misère, des logements insalubres et des écoles déprimantes. En plus, des racistes qui nous harcèlent partout. Pour te défendre de ça, la police.

Ce soir-là, l'émeute était nécessaire. Sans pouvoir, on peut juste répondre par la violence. Après le meurtre de Fredy, vous pensez qu'on serait retournés au parc jouer aux dés tranquilles? Ce qu'on a fait, c'est pas nouveau. Depuis les années 60, les révoltes spontanées se multiplient de par le monde. Les ghettos de Los Angeles (Watts '65, South Central '92), New York (Harlem '64, '68 et '95), Rochester ('64), Detroit ('67), Newark ('67) et Chicago ('68) se sont soulevés à plusieurs reprises. La France aussi a connu son lot d'émeutes, particulièrement en 2005. Le pays, aux prises avec la colère populaire à la suite d'une bavure policière, a été déstabilisé pendant trois semaines. Chaque fois, les opprimés ont compris l'importance de s'unir contre les coches. On a juste continué le travail.

On essaie de nous faire croire que c'est un problème d'ethnies alors que c'est un problème de Blancs. On essaie de nous faire croire que c'est la faute des gangs alors que c'est la faute des flics. C'est le monde à l'envers. Les gens qui étaient unis dans la rue le soir de l'émeute se sont retrouvés seuls au travail dès le lendemain. Victimes du racisme, victimes d'exploitation, victimes du système... Une soirée d'émeute ne peut rien contre le capitalisme.

Le gangstérisme est une réponse de jeunes exclus qui aspirent à mieux. On respecte leur mépris des autorités, leur volonté d'émancipation et leurs méthodes violentes, mais les guerres de clans renforcent le système. C'est pas ça qui va régler le problème. Par contre, les Black Panthers, eux, ont su aider leurs frères et soeurs dans le besoin. Pour s'affranchir, ils mobilisaient la population de leur communauté, tout en la défendant de la flicaille. Le Black Panthers Party a été l'organisation politique la plus convaincante de notre époque; on a tout à apprendre d'eux.

La police domine le quartier. Les gens ont peur. Ce qu'il nous manque, c'est une organisation révolutionnaire capable d'opposer notre force à la leur. «Une organisation qui nous donnera un pouvoir tel que nous pourrons nous asseoir et agir à notre gré. Une fois que nous pourrons nous asseoir et penser comme il nous plaît, parler comme il nous plaît et agir comme il nous plaît, nous montrerons aux gens ce qui nous plaît. Et ce qui nous plaît ne leur plaira pas toujours. Aussi devez-vous être forts avant d'être vous-mêmes. [...] Une fois que vous avez la force et que vous êtes vous-mêmes, alors c'est parti. Vous créez une société nouvelle et construisez un paradis, ici même, sur terre.(1)»

En passant, le propane, c'tait une crisse de bonne idée!

 


(1) Extrait d'un discours de Malcolm X adressé le 28 juin 1964 pour une réunion de l'Organisation de l'Unité Afro-Américaine.

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