Oraison funèbre de la CLAC

Version imprimablepublié par HØ-archives le 1 juillet 2006

Ce texte aurait dû être lu lors de la soirée de réflexion organisée par le Comité des Sans-Emploi Montréal-Centre le 22 juin dernier. Certaines circonstances atténuantes ont rendu l'exercice impossible.

Faux camarades, bonsoir!

La présente est pour vous aviser que notre organe, Hors-d'Øeuvre, a décidé de faire la promotion de la dissolution immédiate de toute forme de réseau basé sur les principes de consensus et de diversité des tactiques, comme feue la CLAC. Nous sommes persuadés que la disparition de la culture du libéralisme libertaire est une urgence dont l'accomplissement sera nécessaire pour l'ensemble des projets révolutionnaires sérieux.

Le consensus ne peut être une réponse satisfaisante à la complexité du social. La politique doit s'articuler bien au-delà des cercles d'amis. La révolution ne sera pas l'affaire de groupes affinitaires, dont le rôle est l'agit-prop. Les véritables moteurs de la révolution sont les communautés de proximité et de travail, qui en sont les constituantes incontournables et indestructibles. Ce sont les liens que tissent les groupes d'affinités - idéalement les meilleurs - avec ces milieux de vie qui importent. Bref, nous devons songer à l'organisation sur des bases populaires.

La diversité des tactiques est l'absence de stratégie. Pourtant, lors de situations prometteuses, c'est de stratégie révolutionnaire d'envergure et non de discussions existentielles dont nous avons besoin. Nous sommes des anarchistes  pour la peine de mort; êtes-vous conscients et conscientes de ce que cela implique? Les anarcho-chrétiens n'ont pas plus leur place dans la communauté que les individualistes et les primitivistes, sauf pour ce qui est de servir de chair à canon ou, peut-être, faire diversion au moment opportun.

Nous avons été très offusqués en apprenant que certaines personnes compulsives aient pu penser créé un nouveau réseau avant d'avoir tenu les débats qui s'imposent; alors que le premier n'est même pas mort, on parle déjà du deuxième. Si cela n'est pas la simple reproduction de nos aliénations, qu'est-ce donc? Des individus vont probablement nous répondre que le débat doit être mené ce soir. À cela nous répondons que vous n'êtes pas prêts. La frénésie dont vous faites preuve en ce moment n'en est que la confirmation.

Aujourd'hui, on nous convie encore une fois à une journée de recrutement camouflée où ont été invités les mêmes hurluberlus qu'à l'ordinaire et de surcroît, on nous invite également à une énième séance de beuverie dialectique. En fait, il s'agit d'une véritable entreprise de thérapie collective nous entraînant inéluctablement dans un cul-de-sac théorique.

Nous vous avions promis d'aborder de front nos problèmes dans notre Proposition de guerre. La chose est rendue possible grâce à ce genre d'événements. Pour cela, nous vous remercions.

Nous l'affirmons: le temps est au grand ménage. Ménage de quoi? Ménage de vous! Vous ne stimulez plus personne.

Faux camarades, n'en doutez guère: tout ce que vous direz ce soir pourra et sera retenu contre vous. Ce n'est pas la police qui l'affirme, mais, en silence, c'est l'histoire qui s'en charge.

Pour notre part, ce soir, nous sabrerons le champagne en souvenir de la CLAC. Santé!

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