Nous détruirons la postgauche

Version imprimablepublié par HØ-archives le 29 juillet 2006

Texte distribué lors de la conférence du postgauchiste américain Jason McQuinn à Montréal le 29 juillet 2006. Cliquez ici pour le tract en format PDF.

Aujourd'hui, on nous sort un gros morceau du postgauchisme américain pour venir défendre ce que nul n'est en mesure de soutenir ici. La Mauvaise Herbe avait bien besoin de ce type, ne serait-ce que pour obtenir quelques conseils d'édition et de rhétorique.

La conférence est taillée sur mesure pour le bonhomme. Personne dans l'univers, sauf Jason McQuinn, ne peut articuler un laïus autour de la thématique du « postgauchisme et l'édition anarchiste aux États-Unis ». Pour nous, cette conférence spécialisée est moins pertinente qu'un article au sujet de l'état des recherches portant sur les pseudogènes, par exemple. La communauté scientifique est d’ailleurs généralement plus pertinente que le milieu anarchiste contemporain; ses théories peuvent être remises en question. En fait, c'est le postgauchisme qui est nul d'un bout à l'autre et Jason le représente parfaitement au point où nous n'avons pas l'intention d'établir un quelconque rapport avec cet intellectuel.

Les mots sont tellement dénués de leurs sens lorsqu'ils sortent d'une bouche postgauchiste que nous préférons analyser ce nouveau langage du vide de loin. L'expérience nous a démontré qu'il est impossible de discuter du phénomène postgauchiste de manière rationnelle avec ses militants; de même, nous avons certains doutes à l'effet qu'ils puissent arriver à se comprendre éventuellement entre eux. D'où cette citation - qui exprime pleinement le désarroi d'une pseudo-théorie tellement vaporeuse qu'elle ne se définit que d'après ce qu'elle rejette: « La révolution est quelque chose d'incompréhensible intellectuellement. »* La discussion de ce soir n'a donc plus d'intérêt que d'un point de vue clinique.

Les postgauchistes prétendent n’être ni de gauche ni de droite. Le paradigme gauche/droite est typiquement moderne; c'est même un de ses fondements politiques. Nier cela demande des explications qui n'ont absolument pas été fournies préalablement pour qui veut discuter du sujet sérieusement. Alors, comment peut-on prétendre dépasser la modernité sans être postmoderne? En semant la confusion, une fois de plus.

Aux abords de la théorie postmoderne, il ne peut y avoir de certitude; les vieux systèmes de pensée sont ruinés. Conséquence: tout est flou. Le postgauchisme, comme le postmodernisme, tire sa force d'attraction de son irréfutabilité. C'est pourquoi - avant d'aller plus profondément encore dans le dénigrement - nous exigeons une définition opératoire de quelques concepts fourre-tout comme civilisation, vie quotidienne, idéologie, autonomie et organisation.

En attendant des raisonnements de qualité, nous nous proposons d’attaquer sans relâche les manifestations de la bêtise. Vous croyez peut-être que la conférence de ce soir marque une avancée quant à la reconnaissance de votre idéologie de pacotille... DÉTROMPEZ-VOUS! Il s’agit encore une fois d’une magnifique plateforme promotionnelle pour Hors-d’Øeuvre, vos staliniens préférés.

Le putsch culturel va bon train.

* Source: La Mauvaise Herbe

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