Brûle Paris, brûle !

Version imprimablepublié par HØ-archives le 2 juillet 2006

Ce texte a été diffusé internationalement dans le cadre des journées émeutières de novembre 2005 en France. Un piquetage d'appui avait également été organisé pour l'occasion à Montréal, dont vous pouvez retrouver quelques photos ici.

La pauvre jeunesse de France tente actuellement de s’émanciper par le seul moyen à sa disposition, l’émeute quotidienne. Au-delà du discours policier relayé via les médias complices, nous savons que la jeunesse lutte ni plus ni moins contre le capitalisme et le racisme.

Face à cette offensive prévisible, les divergences parlementaires fondent à vue d’œil pour révéler au grand jour le vrai visage de cette République de merde. Répression, élitisme, haine est le lot qu’impose l’État aux sans-avenirs. Qui peut sérieusement prétendre ne pas les comprendre? Depuis deux semaines, c’est le désespoir en action dans les « zones sensibles » à la lutte de classe.

Chaque jour dans les cités, c’est la mort, la privation, l’embrigadement religieux, la misogynie crasse; chaque jour les cités se consument de l’intérieur. En détruisant leur environnement d’ennui, les agitéEs détruisent surtout la monstruosité qui les a engendréEs. Ils et elles détruisent leur culture. À cela, nous ne pouvons qu’applaudir.

Les moralistes qui tentent d’éteindre le feu de joie, ces CRS du communautaire armés de lacry-mots, doivent tout autant, sinon plus, être dénoncés. Les petitEs bureaucrates n’ont aucun intérêt à régler le conflit : leur emploi est en jeu. Ces marchands d’illusion servent la paix sociale à rabais, de concert avec la gauche caviar qui aura tôt fait d’oublier les banlieues une fois les miettes distribuées... Et qu’attendent les révolutionnaires pour se solidariser concrètement avec la lutte des « damnés de la terre » française? Que s’efface définitivement la séparation entre la population des banlieues et les cercles militants!

Le passé colonialiste de la France trouve sa correspondance en son présent insurrectionnel. Les émeutiers n’ont pas à négocier avec les terroristes de l’État français. Il n’existe aucune révolution tranquille : les événements de France nous rappellent que la violence sociale est la réponse logique et légitime à n’importe quel système d’oppression.

La racaille au pouvoir!
Vive le feu!

Catégorie: 
Archives
Sous-catégorie: 
Dissection

Du même auteur


02/09/2009
13/03/2009
24/02/2009