De la pureté de mon Moi

Version imprimablepublié par HØ-archives le 2 juillet 2006

Moi, j’aime le bruit des sursauts civilisateurs ressentis via les médias lorsque je les compare à l’aigre vivacité de la conception marxiste de l’esthétique. De la laideur en canne, voilà ce qui représente à merveille le marxiste contemporain et ses concepts de lutte de classes dépassés. Face aux autoritaires, je voudrais être en mesure d’enculade.

Compte tenu que ce qui est toujours le plus radical au niveau de la volonté révolutionnaire est le fait de dénoncer d’abord le plus proche dénominateur commun idéologique, je veux détruire définitivement l’archaïsme d’un Calvaire01 ou d’un Calvaire02. Ils sont de pauvres copieurs perdus dans un monde urbain ayant trop de voies (voix) et qui n’ont jamais réussi à appliquer la théorie du dépassement des dépendances sociétales par orientation pourrie. Les autres simulacres de radicalité de la calvarité sur le CMAQ m’écoeurent. Un des gars va dans les peep-shows, l’autre travaille pour son père, un certain veut baiser avec le pénis malgré l’aspect patriarcal du geste, mais tous se tortillent inlassablement dans leur salon en savourant leur pseudo bonne conscience, leur confort dans l’incohérence et alouette tabarnak!

Des vendeurs d’églises se glissent parmi la population prétendue révolutionnaire par l’arrière-garde; je les dénonce violemment par tous les moyens fantasmagoriques à ma disposition, ce qui produit une série de réactions colériques qui vont de la tristesse à la haine des autoritaires. Je casse les caractères avec un outil pur de la dialectique surdéveloppée : l’irrationalisme postmoderne. Rien n’y échappe. Tout devient ruine.

Tous les éléments de la vie quotidienne sont appelés à devenir autonomes au cœur d’un monde atrophié par mes problèmes de pression artérielle. Je suis plus communiste que les autres… je deviens si rouge en exerçant mes passions activistes, pour preuve. Mon psychiatre m’a conseillé de prendre une pause quant à mes investissements libidineux sur l’Internet parce que je risque, semble-t-il, la crise de cœur à 30 ans. Il est bourgeois, je le sais bien. Mes affects s’effacent au prix du générique et mes goûts se standardisent à un rythme effréné avec lui, rappelant les rouages industriels qui, eux, n’ont pas de pause mais toujours de l’usure. Je veux recommencer aux abords de la flore féminine pour abattre sur le champ physique mes déséquilibres psychoaffectifs.

Le réformisme, c’est l’impossibilité d’aller jusqu’à la masturbation supersonique et de partager l’énergie orgiastique anti-massivement.

Les différentes facettes de mon existence sont à enterrer sous les décombres d’un mot d’ordre post-psychanalytique : le sousMoi. Ce mot de la praxis améliorée, au-delà des considérations métaphysiques séparées d’une ontologie postgauchiste, présuppose l’idée du renversement catégorique du Surmoi traditionnel. Sartre nous l’a dit : « L’enfer, c’est les autres. » Et j’irais plus loin en faisant une synthèse entre le principe de Descartes et celui des existentialistes staliniens : « Compte tenu que je ne peux pas douter de moi-même, l’enfer c’est les autres. » Le relatif, l’impur, le délire, le particulier… c’est les autres! Regardez-vous, c’est évident! Moi, je suis existant au moins.

Beaucoup des textes de mes prédécesseurs ont voulu atteindre un niveau satisfaisant quant au déni qualitatif de l’Autre, mais mes efforts iront beaucoup plus loin en commençant par écarter définitivement toutes les conceptions à l’extérieur du Moi communisateur pour les enfouir dans le sousMoi. La civilisation ne m’affecte plus; l’autogestion de mes fantasmes est accomplie grâce à ma superbe autonomie cérébrale qui peut, d’elle-même, me soustraire concrètement de mes conditions d’existence. Le matérialisme historique est dépassé depuis que Nietzsche a élaboré la volonté de puissance et avec moi et le Moi autogestionnaire sur le sousMoi, tout a été dit.

L’imposition d’une culture unitaire n’est qu’un élément du fascisme ambiant qui mène à la réification spectaculaire du fonctionnel vers des fins capitalistes. Je me concentre présentement à la réduction mentale des effets du travail sur moi-même; ma sagesse, que j’ai construite dans l’isolement de la pensée, me porte vers de nouveaux espaces spacieux.

Hier, j’ai cueilli un bouquet de poils de pubis sur moi-même. Une région désertique est apparue à côté de mon pénis. Je me demandais quelle sera son évolution dans les prochaines semaines. En attendant, ce bouquet je l’ai offert à mon sousMoi pour qu’il se soumette avec diligence à mon Moi. Mon sousMoi est sous mes instincts désormais; il est essentiellement libre s’il sait tolérer les mauvaises odeurs provenant de ma région anale.

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